Le temps des résolutions

Mon précédent article date de 2019. L’année a changé, la décennie aussi. Voici venu le temps des résolutions.


Matériel photo

J’ai profité du dernier Black Friday pour acquérir avec une petite réduction le tripode de mes rêves. Il était en promotion alors j’ai sauté le pas. Les améliorations sont indéniables ; sa tige peut passer de la verticale à l’horizontale, ce qui m’a d’ores et déjà permis de réaliser des vues à pic impossibles jusqu’alors ; la tête 3D est plus précise, mes cadrages s’en ressentent. Mon expérience est encore limitée mais je n’ai pas touché à mon ancien tripode depuis cet achat.

Arriverai-je à tirer un meilleur parti de mon trépied ?


Le Père Noël a été très généreux avec moi. Au pied du sapin, j’ai trouvé un petit paquet contenant un ultra compact Sony. En novembre dernier, j’informais mes enfants de mon projet de me rendre régulièrement à Paris pour me balader et prendre des photos. Mon fils aîné me fit alors cette remarque : « Cela ne va pas être évident de voyager dans le RER avec tes gros boîtiers ! Tu devrais changer pour un équipement plus petit. » Le message est passé. Mon nouveau boîtier est vraiment petit ; il tient dans une poche, ce qui n’est pas le cas de tous les compacts. J’ai commencé à m’en servir. Son objectif (équivalent) 27-70 mm est lumineux et la montée en ISO est correcte. Je sais bien que je n’obtiendrai pas les mêmes résultats qu’avec un capteur plein format mais j’ai déjà pu constater un changement dans ma pratique photographique : plus d’images prises en extérieur, certaines en des lieux où jamais je n’aurais décidé de venir avec un reflex. Des images du quotidien qui m’amènent à voir les choses autrement.

Arriverai-je à tirer un meilleur parti de mon ultra compact ?


Réseaux sociaux

2019 est pour moi une année riche d’enseignements. Je pensais ne plus participer aux défis du groupe ALJPHOTO. J’avais d’ailleurs écrit un petit mot de départ et puis, sans doute parce que je suis victime d’une addiction, je me suis à nouveau impliqué dans les activités du groupe. Au fil du temps je me suis mis à commenter de plus en plus, à échanger avec certains membres de façon soutenue. Et il y a eu les Best of.

Le terme est trompeur ; il ne s’agit pas de publier ce que l’on pense être ses meilleures photos mais celles auxquelles on tient le plus, et en particulier celles qui marquent une évolution de notre pratique photographique. J’ai découvert à cette occasion que je n’avais pu poster certaines images parce qu’elles ne correspondaient pas au défi en cours et c’était fort dommage parce qu’elles collaient parfaitement à d’autres défis du livre d’Anne-Laure Jacquart. J’ai pu me faire plaisir et goûter aux images des autres membres que j’avais oubliées ou qu’ils•elles n’avaient pu publier.

J’ai surtout pris conscience que j’avais un problème de partage de mes travaux. Les échanges sur ALJPHOTO sont les meilleurs que je connaisse mais il est impossible de publier certaines images si l’on respecte les règles du groupe. Pour les autres réseaux sociaux, flickr ou instagram, on peut publier ce que l’on veut mais les retours sont plus rares et moins riches. Je m’en suis ouvert sur facebook. J’ai lancé des invitations et j’ai quelques ami•es photographes qui peuvent voir ce que je publie dans mon fil d’actualité personnel. Les retours sont là, riches, encourageants.

J’ai longtemps sous-évalué l’importance des échanges avec d’autres photographes. J’ai mesuré combien ils sont importants, combien il est essentiel de s’exprimer sur sa démarche et à quel point les encouragements et les critiques constructives permettent d’avancer.

Sortir d’ALJPHOTO n’est pas simple. Si je quitte ce groupe, je perds mon public. Si je reste, les défis risquent fort de m’ennuyer. Il me faudrait pouvoir continuer les défis autrement. Les 52 défis redémarrent la semaine prochaine. Qui sait ? Anne-Laure Jacquart aura peut-être des nouveautés à proposer aux anciens de son groupe.

Arriverai-je à tirer un meilleur parti d’ALJPHOTO ?


En 2020, je continuerai d’écrire des articles de blog. Je sais qu’il est confidentiel, que les retours et les commentaires sont peu nombreux. Quelqu’un me disait récemment regretter de ne pouvoir commenter un article au fil de l’eau. Je n’y peux rien changer hélas. Je continuerai à écrire parce que j’aime ça et que cela me fait du bien.

Arriverai-je à tirer un meilleur parti de mon blog ?


Pour exister sur les réseaux sociaux, il faut trouver mon public et échanger avec lui. Il faut aussi de la matière, avoir des choses à dire et produire des images de qualité.

Arriverai-je à trouver mon public ?


Pratique photographique

Pour améliorer sa pratique, il est bon d’avoir des projets. Comme je l’ai dit plus haut, je vais désormais me rendre régulièrement à Paris ou en banlieue pour voir d’autres lieux, les photographier, me rendre à des expositions aussi. Cela me fournira des aliments pour le blog.

Il va me falloir oser de nouvelles pistes, apprivoiser mon nouveau boîtier, ouvrir grand les yeux, garder l’esprit ouvert. Je ne sais pas encore précisément ce que je vais faire, quels seront mes genres favoris, mes thèmes, mes sujets. J’envisage des séries sur le long terme, c’est une piste dont j’ai pris conscience lors des Best of. Le temps permet la qualité, la réflexion et une série est un moyen de voir sur le long terme, me semble-t-il.

Arriverai-je à mettre en œuvre des projets sur le long terme ?


J’ai commencé la lecture du livre de Denis Dubesset Les secrets du style en photographie. J’ai vu son interview vidéo lors du dernier Salon de la photo ; j’aime son approche de la question du style.

Arriverai-je à trouver mon style en photographie ?


Je pense en avoir assez dit. Sur ce, je vous souhaite une bonne année 2020 et la réalisation de vos souhaits, en commençant par celle de vos projets photographiques.

Mon Cri

D’après Le Cri d’Edvard Munch. Une image expressionniste en diable.

C’est la première fois que je m’inspire aussi directement d’une œuvre d’art. Réalisée très vite, avec des moyens dérisoires, une lampe qui éclaire un mur en diagonale pour rappeler la perspective du pont du tableau de Munch, cette photographie exprime une forme de déprime face à un monde qui va de travers et où l’espoir semble de plus en plus absent.

Encordés Danbos

Encore des Danbos ! Ma première publication de digital art. J’ai encore beaucoup de progrès faire mais en même temps je ne visais pas le réalisme et la perfection des effets spéciaux des images et des films actuels. C’était pour m’amuser et pour le coup c’est réussi.

Bon dimanche à tous et à bientôt.

Le petit marron

L’automne est arrivé
Dans ma jolie bogue
Je n’ai pu rester

d’après une comptine pour enfants

Une image faite de rien : un marron ramassé le matin lors de ma balade du vendredi, posé sur la table de la cuisine, avec un arrière-plan flou mais composé sciemment, avec ses bulles de bokeh. Rien ou presque, parce que les choix d’une profondeur de champ minimale, d’une légère surexposition, d’une composition décentrée sont tout sauf le résultat du hasard. Le résultat de la pratique régulière de la photographie, en premier lieu de l’énergie et du temps consacrés à relever les défis du site ALJPHOTO. 

Autoreflets

J’ai choisi pour titre de cette chronique un mot-valise : la compression d’autoportraits et de reflets, ou comment photographier les reflets de sa propre image.

J’aime faire mon autoportrait

J’aime faire mon autoportrait. D’abord pour des raisons pratiques évidemment ; je n’ai pas de modèle — d’ailleurs saurais-je photographier un modèle si j’en avais un ? — et je n’ai pas de photographe pour me tirer le portrait. Ensuite, et surtout, parce que j’aime ça : ce dialogue avec moi-même, me voir comme un autre sur l’écran, me montrer aux autres, créer mes souvenirs. Quand j’ai commencé cet exercice consistant à se photographier soi-même, j’étais très troublé ; il n’est pas facile de se couper en deux, encore moins d’y voir clair. Mais j’ai très vite vu l’intérêt de me mettre en scène, en premier lieu pouvoir donner une image de moi dont personne d’autre n’aurait l’idée, tout en étant persuadé qu’un photographe différent faisant mon portrait aurait également une vision personnelle des plus intéressantes.

L’autoportrait peut être symbolique, ne pas montrer mon visage mais simplement exprimer quelque chose qui est très fort en moi. Inversement, il peut être des plus classiques, mise au point sur les yeux, en noir et blanc.

Tenir bon — Autoportrait symbolique, déjà publié dans Eye of the Beholder
Autoportrait classique, déjà publié dans Ceci n’est pas un selfie

Deux autoreflets

Le premier autoreflet de cette chronique, Rester calme, est un remake, une nouvelle version d’une image prise dans les mêmes conditions en février 2019. Il paraît qu’il fait peur. Je n’irai pas jusque là mais j’admets que la position de mes mains peut faire penser à un braquage ou que je suis prisonnier, coincé à l’intérieur d’un vitrage double.

Rester calme

Pour le second autoreflet, Après réflexions, j’ai utilisé deux miroirs. Le plus petit des deux est clairement identifiable ; son cadre métallique dans le quart bas gauche est la seule chose qui soit réelle, le reste de la photographique n’étant que reflets. Le second miroir, de grandes dimensions, constitue l’arrière-plan de l’image, noir car l’image est volontairement sous-exposée pour un effet low key. On y voit mon visage, l’autre côté du petit miroir où l’on peut me voir également, et ainsi de suite.

Après réflexions / Spiegel im Spiegel (Arvo Pärt)

Gageure que cette image lorsqu’on est seul ! La prise de vues s’est faite en aveugle ; le live view ne m’était d’aucune aide car je ne pouvais à la fois me voir sur l’écran de l’appareil et me placer convenablement face aux miroirs . J’ai procédé par tâtonnements et, heureusement, j’ai fini par obtenir le présent cliché sur lequel mes trois visages sont intéressants. Je reste persuadé que l’on peut mieux faire mais il faut être deux pour la prise de vues, le cadrage tout particulièrement.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous dis à bientôt !