Painted

Je participe plus ou moins régulièrement aux défis du groupe flickr Macromondays. Comme vous pouvez vous en douter —si vous ne le savez pas déjà— cela se passe le lundi. Aujourd’hui lundi 10 février 2020, le thème à traiter est Painted. Macromondays est un groupe international donc on parle anglais.

Pour ce défi j’ai choisi de photographier un gobelet décoré par une artiste de la Baie de Somme, Marie Verlet Nezri (Série « Paysages »). J’aime beaucoup ce petit objet, un cadeau de Noël qui plus est. Le paysage qu’il représente m’inspire et me rappelle mes vacances quand j’étais enfant.


Pour information. Le côté de l’image mesure en réalité à peine plus de trois centimètres.

Promenade

Vendredi après-midi

Contrairement à ce que j’annonçais dans ma précédente chronique, je ne me suis pas rendu cette semaine à Paris cette semaine. Ce n’est que partie remise. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j’ai remplacé mon escapade parisienne par une promenade. Promenade = je pars de chez moi, je marche, prends quelques photos et rentre à la maison. C’est bon pour la santé, plus court qu’une escapade parisienne et cela m’oblige à voir mon quartier autrement, à le (re)découvrir.

« Il y a beaucoup de choses magnifiques autour de nous, et les gens ont tendance à ne pas le remarquer. »

Saul Leiter

Ce vendredi de promenade, le défi d’ALJPHOTO est Photographier à pleine ouverture. Mon compact n’est pas le meilleur choix techniquement parlant; un reflex avec un objectif macro ou un 70-200 mm donne un meilleur bokeh mais avec son ouverture maximale de 1.8/2.8 mon petit appareil n’est pas si mal loti.

En haut de ma rue
Ront-point du Haut de Gency

Nous sommes en hiver. On observe déjà des bourgeons mais pas de fleurs hormis quelques perce-neige. Au coin de ma rue, de hautes herbes sèches que je photographie avec en arrière-plan les maisons aux murs en briques de Leers. Un peu plus loin, le grand carrefour circulaire du Haut de Gency avec ses saules pleureurs. Le défi en cours exige une zone floue, contrainte à laquelle je dois ajouter le format carré et le noir et blanc (voir C’est parti!). Sans ces obligations je n’aurais sans doute pas pris ces images. Des vues opportunistes — ce n’était pas le but de ma promenade — de lieux a priori sans intérêt photographique qui peuvent devenir plaisants voire attachants s’ils sont convenablement présentés. La photo des herbes sèches recevra un accueil très positif sur facebook et sur instagram. Certains commentaires évoquent un changement de style.

Le véritable but de ma promenade est la zone Aren’Park – Plaine des sports. Un lieu multiple avec d’un côté des installations sportives (stade de football, tennis, patinoire, magasin Décathlon) et de l’autre des commerces variés (Leclerc, La Vie claire…), un hôtel et des restaurants. Le lieu est récent et cela m’arrange car j’aime bien photographier les choses neuves ou presque parce qu’elle ne sont pas encore dégradées. J’aime aussi le wabi-sabi mais alors les dégradations doivent être suffisamment avancées pour être intéressantes.

Arrivé sur place, je me mets à observer. Je n’ai pas envie de montrer le lieu tel que tout le monde le voit. Je veux le montrer autrement, offrir une vision différente de la vision ordinaire, en cadrant (ce qui est le passage obligé de toute photographie) et par là en éliminant beaucoup de choses, en choisissant des angles inhabituels, des points de vue comme au ras du sol ou à pic, en me consacrant à mes thèmes favoris: abstraction, graphisme, minimalisme, avec un parti-pris esthétique.

Les bardages de la zone commerciale

Le sol est un genre qui me plaît. À l’Aren Park, les passages pour piétons ressemblent à des codes à barres; c’est très curieux (photo de couverture). Les bardages sont de qualité; ils sont plans et couverts de panneaux rectangulaire de gris variables, allant du noir au blanc. Il y a là de quoi réaliser quelques images très graphiques.

Fenêtres du restaurant del’Arte

Les murs du restaurant del’Arte sont blancs, à peine sales. Quand j’aperçois le luminaire et l’inscription Pasta au travers de l’une des petites fenêtres du mur latéral, je suis séduit. L’image devra être redressée pour que les lignes soient bien verticales mais un mur avec ses fenêtres qui font penser à des tableaux accrochés dans un salon, c’est trop craquant.

Restaurant del’Arte et Aren’ice

L’Aren’ice, la patinoire salle de spectacles, est voisine du restaurant. Je l’ai déjà photographiée par le passé. Je fais à nouveau quelques prises mais je constate que les reflets sur les vitres de del’Arte sont tout aussi dignes d’intérêt. En noir et blanc, si j’en crois ce que je vois sur l’écran de mon appareil, cela devrait bien rendre.

Les diptyques ou 6 = 3 x 2

De ma promenade, je retiendrai six images. Désormais je suis très strict lors de la phase d’élimination du post-traitement (editing en anglais). De nombreux auteurs recommandent d’être impitoyable et de ne garder que le bon. Encore une résolution à tenir en 2020 et après. Les deux première photos seront publiées sur ALJPHOTO pour le défi 04 Photographier à pleine ouverture. Les quatre autres iront seulement sur flickr et instagram. Difficile de les associer au défi d’Anne-Laure Jacquart.

Ces six clichés se prêtent parfaitement à une présentation en diptyque. Ce n’est pas intentionnel pour les deux premiers tableaux. Pour le troisième et dernier, comme le sujet est le même les points communs sont nombreux et l’association est naturelle. Je vous laisse juge.

Diptyque 1 – Association formelle: herbes <> arbres qui penchent
Diptyque 2 – Association formelle: lignes de fuite
Diptyque 3 – Association par le sujet, tons et matériaux identiques

Je vous souhaite une bonne semaine et vous dis à bientôt. Pour une nouvelle escapade, qui sait?

Mon style de prédilection

Cergy, mois de septembre 2018. Assis à mon bureau, j’écoute l’album PARIS / LONDON Testament de Keith Jarrett en streaming sur qobuz (un spotify haute résolution à la française). J’adore Keith Jarrett. Tous les albums du pianiste, en solo, en trio piano-basse-batterie, en collaboration avec d’autres pointures, me touchent. Je l’ai entendu pour la première fois dans les années 70 ; un disque, le cultissime Köln Concert. J’étais étudiant, mes ressources financières étaient limitées. Quelques années plus tard, je travaille. Je peux m’acheter une chaîne hifi et des vinyles en quantité. Surtout des disques de jazz, en particulier du jazz européen dont le label de référence était, et reste encore, ECM. J’adore ECM, pour ses musiques — il n’y a pas que le jazz —, pour ses musiciens, pour ses prises de son et pour ses pochettes de disques. Je n’achète plus de vinyles depuis des années mais je dois bien avoir une centaine de disques du label allemand qui dorment au fond des mes armoires.

Sur l’écran de mon ordinateur s’affiche la couverture de PARIS / LONDON, minimaliste, bien dans le style de la firme de Manfred Eicher. Un mur de briques jaune orange sur lequel se projettent des ombres imprécises. Je suis troublé. La photo ressemble tellement à ce que j’aime faire — en mieux parce qu’elle est parfaite — que j’ai l’impression qu’elle est de moi. Je ressens une sorte de communion par la pensée. Il me faut en savoir plus. Qui est l’auteur de cette image ? Par chance, le livret numérique est disponible. Je clique. En petits caractères, en dernière page, je trouve le nom du photographe. Il s’appelle Juan Hitters. Je poursuis mes recherches. Le monsieur est argentin. Son site web n’est pas des plus pratiques — il faut impérativement installer Flash Player sinon rien ne marche. Les photos sont remarquables. Sous la rubrique Music, quelques-unes de ses images pour les maisons de disques, ECM bien sûr mais aussi des pochettes d’albums de musique classique, et des témoignages élogieux de musiciens avec qui il a travaillé. Un commentaire précise que les images de Juan Hutters sont design-friendly. Comprendre qu’elles supportent sans problème l’ajout de texte.

Tout en admirant les images de Juan Hitters, je savoure le piano de Jarrett. Le moment est fort car c’est la première fois que mes passions pour le jazz et la photographie se rejoignent avec autant d’intensité. L’association de la musique et de l’image fixe n’est pas nouvelle pour moi mais elle s’est jusqu’alors cantonnée à des photographies de musiciens : un livre notamment, Blue Note de Michael Cuscuna, et, accroché au mur du salon, un tirage de YellowKorner montrant le saxophoniste Joe Henderson dans une rue de New York (photo de Francis Wolff). Cette volonté d’agrégation est tenace. En 2019, je me ferai offrir Mes sessions avec Miles Davis de Jean-Pierre Leloir. Mais l’émotion ressentie en ce jour de 2018 demeure inégalée, un apogée, quelque chose comme l’alignement des planètes dans 2001, Odyssée de l’espace.

Avant de vous en dire plus, je vous propose d’avancer un peu dans le temps. Nous sommes à la fin du mois d’avril 2019. J’échange avec une amie photographe sur son blog et, au fil de la discussion, nous en venons à parler de nos styles de photographie respectifs. À mon sujet, ma collègue blogueuse écrit ceci :
« Je connais ton style de prédilection en photographie, tu es plutôt porté sur la photo minimaliste voire abstraite… ». Elle oublie juste une précision importante : mon attirance presque maladive pour le format carré.

À ce point près nous sommes d’accord. Si je devais résumer mon style de prédilection par une formule, ce serait : format carré + minimalisme + abstraction. « C’est un peu court, jeune homme » dirait Cyrano de Bergerac. J’en suis bien conscient. Mais si je fais précéder chacun des termes de la formule par un pourquoi : pourquoi le format carré ? pourquoi le minimalisme ? pourquoi l’abstraction ? et si je puis apporter une réponse à chacune des questions ainsi créées, vous admettrez que la formule devient intéressante.

Les réponses ? C’est l’alignement des planètes de 2018 qui me les as apportées. Pourquoi le format carré ? Parce que les pochettes de disques sont carrées. Pourquoi le minimalisme ? Parce que les pochettes ECM sont minimalistes — à l’exception de quelques disques montrant les artistes en couverture. Köln Concert en fait partie. Amusant, non ? Pourquoi l’abstraction ? Dois-je vous le dire ? Parce que les pochettes ECM sont souvent abstraites.

Octobre-novembre 2018. Je passe en revue mes photos en me demandant lesquelles s’apparentent à des pochettes de disques, lesquelles sont design-friendly. Il y en a pas mal. Les plus abstraites, souvent en noir et blanc, me semblent être dans l’esprit d’ECM. D’autres me font penser aux pochettes d’Hypgnosis, un studio anglais qui a notamment travaillé pour Pink Floyd. Ceci n’est pas une cigarette en est un bon exemple.

Février 2019. J’ai une longue discussion sur ALJPHOTO à propos d’une publication montrant un disque vinyle. J’en viens à photographier quelques pochettes avec mon smartphone, d’autres membres font de même. Chacun y va de sa petite recherche. Je découvre alors l’existence du groupe flickr ECM Records Photographs. Je ne suis donc pas le seul au monde à aimer les photos des pochettes ECM. Je soumets mes meilleures images. Le groupe est du type moderated ; c’est l’admin qui décide si une photo peut faire partie du groupe, ou pas, sans justification. Cinq de mes images seront retenues. Pour illustrer cette chronique, j’en ai sélectionné quatre.



Cette histoire est véridique. Elle illustre ce que les psychologues appellent l’insight, l’instant où la solution d’un problème vous apparaît, d’un coup, sans l’habituelle progression par essais-erreurs. En psychanalyse, la recherche de l’insight consiste à rendre conscient l’inconscient. Dans mon cas personnel, cette histoire n’a rien d’angoissant mais croyez-en mon expérience, c’est très troublant.


LIRE AUSSI

FORMAT CARRÉ

Laurent Kobi — Blog de Nicéphore
Les vertus magiques du format carré
Anne-Laure Jacquart — Sur son site web
Le format carré, une mine d’or géométrique et photographique ! 
Astuces photo —
Osez le format carré
SquareMag — Magazine en ligne bilingue anglais-français
Les PDF sont téléchargeables gratuitement
SquareMag

ECM

Article très complet de Wikipedia —
Edition of Contemporary Music

KÖLN CONCERT

Article de Wikipedia —
The Köln Concert

INSIGHT

Article de Wikipedia —
Insight (psychologie)

PHOTOGRAPHIES

Juan Hitters
juanhitters.com
flickr — groupe ecm covers
ECM Records Photographs
flickr — mon album ecm
ecm covers

Home Made Art

Cette photo — dont je suis l’auteur — vient d’être retenue comme couverture du groupe flickr Home Made Art . Bien évidemment, mon ego s’en est trouvé temporairement flatté mais le soufflé est vite retombé. Toutefois, après réflexion, je pense que ce petit événement n’est pas négligeable. Il est chargé de sens et mérite bien sa photochronique.

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Alien or not Alien?

Dimanche dernier, je reçois un mail de la part de l’admin du groupe flickr Smile on Saturday. En résumé, juste ceci — c’est une traduction car le texte original est en anglais — :

« Samedi prochain, nous aurons un thème que vous avez proposé.
J’espère que vous publierez une image!? »

Continuer à lire … « Alien or not Alien? »

4 mars 2019 — Freya

“ Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas. ”

La photo du jour

Je publie sur facebook, sur flickr et sur instagram. Pourtant, il me manquait quelque chose. Est-ce la liberté de présenter mes photographies comme bon me semble ? Peut-être ? Ce matin, en traitant cette image pour le défi Cadrage en coin du site ALJPHOTO, je me suis dit que cela vaudrait la peine de la publier dans mon blog, inaugurant ainsi un genre d’article que j’appelle la photo du jour.

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