Autoreflets

J’ai choisi pour titre de cette chronique un mot-valise : la compression d’autoportraits et de reflets, ou comment photographier les reflets de sa propre image.

J’aime faire mon autoportrait

J’aime faire mon autoportrait. D’abord pour des raisons pratiques évidemment ; je n’ai pas de modèle — d’ailleurs saurais-je photographier un modèle si j’en avais un ? — et je n’ai pas de photographe pour me tirer le portrait. Ensuite, et surtout, parce que j’aime ça : ce dialogue avec moi-même, me voir comme un autre sur l’écran, me montrer aux autres, créer mes souvenirs. Quand j’ai commencé cet exercice consistant à se photographier soi-même, j’étais très troublé ; il n’est pas facile de se couper en deux, encore moins d’y voir clair. Mais j’ai très vite vu l’intérêt de me mettre en scène, en premier lieu pouvoir donner une image de moi dont personne d’autre n’aurait l’idée, tout en étant persuadé qu’un photographe différent faisant mon portrait aurait également une vision personnelle des plus intéressantes.

L’autoportrait peut être symbolique, ne pas montrer mon visage mais simplement exprimer quelque chose qui est très fort en moi. Inversement, il peut être des plus classiques, mise au point sur les yeux, en noir et blanc.

Tenir bon — Autoportrait symbolique, déjà publié dans Eye of the Beholder
Autoportrait classique, déjà publié dans Ceci n’est pas un selfie

Deux autoreflets

Le premier autoreflet de cette chronique, Rester calme, est un remake, une nouvelle version d’une image prise dans les mêmes conditions en février 2019. Il paraît qu’il fait peur. Je n’irai pas jusque là mais j’admets que la position de mes mains peut faire penser à un braquage ou que je suis prisonnier, coincé à l’intérieur d’un vitrage double.

Rester calme

Pour le second autoreflet, Après réflexions, j’ai utilisé deux miroirs. Le plus petit des deux est clairement identifiable ; son cadre métallique dans le quart bas gauche est la seule chose qui soit réelle, le reste de la photographique n’étant que reflets. Le second miroir, de grandes dimensions, constitue l’arrière-plan de l’image, noir car l’image est volontairement sous-exposée pour un effet low key. On y voit mon visage, l’autre côté du petit miroir où l’on peut me voir également, et ainsi de suite.

Après réflexions / Spiegel im Spiegel (Arvo Pärt)

Gageure que cette image lorsqu’on est seul ! La prise de vues s’est faite en aveugle ; le live view ne m’était d’aucune aide car je ne pouvais à la fois me voir sur l’écran de l’appareil et me placer convenablement face aux miroirs . J’ai procédé par tâtonnements et, heureusement, j’ai fini par obtenir le présent cliché sur lequel mes trois visages sont intéressants. Je reste persuadé que l’on peut mieux faire mais il faut être deux pour la prise de vues, le cadrage tout particulièrement.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous dis à bientôt !

…un légume 19/09/2019

Photographie inspirée par le slogan “ Cinq fruits et légumes par jour ” et par mes souvenirs fantasmés des sixties.

Il manquait quelque chose à Quatre fruits ; l’erreur est réparée.

Fin de l’aventure des Cinq fruits et légumes par jour.

Quatre fruits… 18/09/2019

Photographie inspirée par le slogan “ Cinq fruits et légumes par jour ” et par mes souvenirs fantasmés des sixties.

Quelques dates de la carrière d’Andy Warhol :

  • 1962 – Diptyque Marylin,
  • 1962 Campbell’s Soup Cans,
  • 1964 – ouverture de la première Factory.

Rien n’est le fruit du hasard. Je lis en ce moment Just Kids, roman autobiographique de Patti Smith : sa vie avec Robert Mapplethorpe, comment ils sont devenus artistes, la bohème, le New York du Chelsea Hotel, de la Factory et — je l’ignorais — l’amour de Patti Smith pour la France, Paris, la poésie française, Rimbaud, Baudelaire et Apollinaire.

À suivre…

Au fond de mon assiette

Au fond de mon assiette
Le ciel se reflète
Et d’une tache bleue
Fait de moi un heureux


Cette image est la petite sœur de Je prenais mon café : même défi ALJPHOTO — Le cadre dans le cadre —, même présentation en quelques bouts rimés, même lieu de prise de vues.

Le reflet au fond de l’assiette est celui d’un Velux, encore un ! J’ai déjà publié deux images de ces puits de lumière, dans Multiplier les regards. Pour mémoire, il y a aussi une photo prise à l’extérieur dans Freya.

Ici le regard est différent. Le sujet n’est pas le puits de lumière mais la vue du ciel qu’il offre à qui veut bien en profiter. Ce rectangle d’azur occupe une proportion très faible de l’image mais il attire l’œil par sa couleur et sa luminosité. Sur facebook, j’ai eu d’excellents retours ; il est question de pureté, de poésie, de fragilité, de sérénité. J’ai reçu en revanche peu de likes. Il fut un temps où je vivais mal l’apparente contradiction entre la chaleur des approbations et leur faible nombre. Depuis j’y vois un signe favorable car c’est souvent ce qui arrive pour mes meilleures images.

Je termine sur cette précision à l’attention des membres du groupe ALJPHOTO : si l’image a été publiée à l’occasion du défi Le cadre dans le cadre, elle me semble mieux s’inscrire parmi les Photographies minimalistes et les Compositions abstraites.

Couleur et/ou noir et blanc

J’ai pris cette photo ce matin, je l’ai traitée cet après-midi et publiée sur ALJPHOTO dans la foulée. Le défi de la semaine est La magie des reflets. Pour autant, je n’ai pas renoncé à mes orientations habituelles, mon attirance vers l’abstrait tout particulièrement.

J’ai réalisé ce diptyque parce que je n’arrivais pas à me décider entre la version couleur et la version noir et blanc. En général, ma préférence va au monochrome en niveaux de gris mais, sans doute parce que cette image est contrastée et plutôt abstraite, la couleur lui va bien. On peut également concevoir le diptyque comme un tout, un dialogue entre deux images à la fois semblables et différentes.

Pour le plaisir, j’ai tourné l’image noir et blanc de 180°. De ce fait, et aussi parce qu’elle est monochrome, elle est plus abstraite que la version couleur. J’aime aussi — mais là c’est très personnel — l’idée consistant à présenter la réalité autrement que sous son aspect ordinaire, bien identifiable. Je sais que tout le monde n’aime pas cela mais cette vision des choses me tient à cœur.

Je termine ici ma chronique la plus courte à ce jour. À bientôt !