La lumière, toujours la lumière

Dans une chronique du mois d’avril dernier, j’ai traité de la nécessité de multiplier les regards. Pour illustrer mon propos, j’avais alors fait appel à deux photos de la Passerelle de l’Axe majeur de Cergy ainsi qu’à deux photos de mes velux. Aujourd’hui, je vous soumets deux nouvelles images de ces puits de lumière.

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Un Noël compliqué

La plupart des personnes qui tiennent un blog de photographie publient beaucoup d’images. Ce n’est pas mon cas ; il m’arrive fréquemment de passer plusieurs semaines sans prendre la moindre photo et, quand je le fais, je publie au final peu de clichés. Si j’en crois les conseils de ceux qui font profession de vous expliquer comment bien utiliser les réseaux sociaux, comment vous faire connaître sur facebook ou instagram, comment avoir plein de likes et de followers, je fais le contraire de ce qu’il faut : au lieu de publier quotidiennement pour garder le contact avec un public fidèle, je me fais rare.

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Le petit marron

L’automne est arrivé
Dans ma jolie bogue
Je n’ai pu rester

d’après une comptine pour enfants

Une image faite de rien : un marron ramassé le matin lors de ma balade du vendredi, posé sur la table de la cuisine, avec un arrière-plan flou mais composé sciemment, avec ses bulles de bokeh. Rien ou presque, parce que les choix d’une profondeur de champ minimale, d’une légère surexposition, d’une composition décentrée sont tout sauf le résultat du hasard. Le résultat de la pratique régulière de la photographie, en premier lieu de l’énergie et du temps consacrés à relever les défis du site ALJPHOTO. 

Autoreflets

J’ai choisi pour titre de cette chronique un mot-valise : la compression d’autoportraits et de reflets, ou comment photographier les reflets de sa propre image.

J’aime faire mon autoportrait

J’aime faire mon autoportrait. D’abord pour des raisons pratiques évidemment ; je n’ai pas de modèle — d’ailleurs saurais-je photographier un modèle si j’en avais un ? — et je n’ai pas de photographe pour me tirer le portrait. Ensuite, et surtout, parce que j’aime ça : ce dialogue avec moi-même, me voir comme un autre sur l’écran, me montrer aux autres, créer mes souvenirs. Quand j’ai commencé cet exercice consistant à se photographier soi-même, j’étais très troublé ; il n’est pas facile de se couper en deux, encore moins d’y voir clair. Mais j’ai très vite vu l’intérêt de me mettre en scène, en premier lieu pouvoir donner une image de moi dont personne d’autre n’aurait l’idée, tout en étant persuadé qu’un photographe différent faisant mon portrait aurait également une vision personnelle des plus intéressantes.

L’autoportrait peut être symbolique, ne pas montrer mon visage mais simplement exprimer quelque chose qui est très fort en moi. Inversement, il peut être des plus classiques, mise au point sur les yeux, en noir et blanc.

Tenir bon — Autoportrait symbolique, déjà publié dans Eye of the Beholder
Autoportrait classique, déjà publié dans Ceci n’est pas un selfie

Deux autoreflets

Le premier autoreflet de cette chronique, Rester calme, est un remake, une nouvelle version d’une image prise dans les mêmes conditions en février 2019. Il paraît qu’il fait peur. Je n’irai pas jusque là mais j’admets que la position de mes mains peut faire penser à un braquage ou que je suis prisonnier, coincé à l’intérieur d’un vitrage double.

Rester calme

Pour le second autoreflet, Après réflexions, j’ai utilisé deux miroirs. Le plus petit des deux est clairement identifiable ; son cadre métallique dans le quart bas gauche est la seule chose qui soit réelle, le reste de la photographique n’étant que reflets. Le second miroir, de grandes dimensions, constitue l’arrière-plan de l’image, noir car l’image est volontairement sous-exposée pour un effet low key. On y voit mon visage, l’autre côté du petit miroir où l’on peut me voir également, et ainsi de suite.

Après réflexions / Spiegel im Spiegel (Arvo Pärt)

Gageure que cette image lorsqu’on est seul ! La prise de vues s’est faite en aveugle ; le live view ne m’était d’aucune aide car je ne pouvais à la fois me voir sur l’écran de l’appareil et me placer convenablement face aux miroirs . J’ai procédé par tâtonnements et, heureusement, j’ai fini par obtenir le présent cliché sur lequel mes trois visages sont intéressants. Je reste persuadé que l’on peut mieux faire mais il faut être deux pour la prise de vues, le cadrage tout particulièrement.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous dis à bientôt !

Encore la Passerelle

Voici la seconde photo que j’ai prise vendredi dernier et dont je parle dans La Vie en rose. C’est le matin, je me promène avec mon ami René. Je suis presque exactement au même endroit que pour Un matin d’éclaircie — également avec René — mais le point de vue est totalement différent.

J’aime photographier le sol et ce n’est pas la première fois que je m’intéresse au trottoir de l’Axe majeur de Cergy. J’en ai fait la couverture de Mon style de prédilection. Cette dernière image vous aidera éventuellement à lire la présente photo, qui pour moi est d’abord un ensemble de lignes, un motif en quelque sorte, avant d’être un objet réel. Ma prédilection pour les images graphiques, de préférence abstraites, encore et toujours.

La Vie en rose

What you see is what you see

Frank Stella (peintre minimaliste)

Hier j’ai produit deux images : celle que vous voyez en ce moment et une autre que je publierai demain sauf imprévu. Elles sont toutes les deux au format carré, graphiques et répondent au défi de la semaine du groupe ALJPHOTO.

La présente image est minimaliste en diable. Je sais que ce genre d’image est clivant ; certains aiment, voire adorent, tandis que d’autres détestent. C’est affaire de sensibilité et, aussi, de connaissance de l’histoire de l’art.

Au départ, je pensais à une image en nuances de gris, très claires, quelque chose en rapport — certes lointain — avec le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch. Disons, deux surfaces de teintes proches mais dont la matière, l’état de surface, seraient différents. Évidemment, l’image serait au format carré et graphique. Comme toujours pour ce genre de projet, une fois l’affaire lancée les idées se succèdent, se bousculent et le résultat diffère sensiblement de l’intention initiale.

L’image brute était plutôt blanche ; la matière de la partie gauche, sur laquelle j’ai fait le point (du moins pour les 2/3 à droite) était intéressante, granuleuse sans plus ; la partie droite, en dehors de la zone de netteté, était donc floue, sans bulles de bokeh. La lumière était bien rendue mais cela pouvait être amélioré.

L’avantage de ce genre d’image est que l’on peut s’amuser lors du post-traitement et tester les presets les plus audacieux. C’est ainsi que j’ai découvert cette teinte rose, en fait du violet clair. Pour accentuer la luminosité dans le coin haut droit, j’ai remonté les hautes lumières tandis que j’améliorais la granularité de la zone de gauche à l’aide d’un filtre passe-bas. Si cela vous semble compliqué, dites-vous que ce n’est que de la cuisine et que ce qui compte c’est l’intention et la qualité du résultat. Que je mesure à la satisfaction ressentie quand je suis parvenu au point où il me semble inutile d’en faire plus. Soit j’ai ce que je veux et je publie, soit c’est un échec et je passe à autre chose en me disant que pour autant je n’ai pas perdu mon temps.

Je termine en revenant à la citation de Frank Stella. Je la comprends comme suit : Sentez-vous libre de voir ce que bon vous semble dans l’œuvre que vous regardez ! Le message, s’il y a message, vient de vous, pas de moi. J’ai ma vision de l’œuvre ; vous avez la vôtre, fonction de votre histoire, de vos connaissances, de votre sensibilité. Il n’y a pas à comprendre.

Je vous dis « À très bientôt si le cœur vous en dit ! »